En 2022 RTE propose un scénario 100% énergies renouvelables avec une variante « sobriété », nécessitant 178 GWc de photovoltaïque, dont 134 000 hectares au sol. Or différentes études montrent que cet objectif peut être atteint sans toucher aux terres agricoles, naturelles ou forestières. Et tandis qu’un tiers du photovoltaïque est d’ores et déjà déployé sur ces terres et forêts, cette proportion ne cesse de grandir, au détriment de la biodiversité et de l’agriculture paysanne.
La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie de 2026 (PPE 3) prévoit 55 à 80 GWc de photovoltaïque pour 2035, dont 43 % « au sol »1. Or la déferlante de centrales sur les terres agricoles, naturelles et forestières (enaf), est telle, qu’elle obstrue les capacités des réseaux2, des administrations et atteint d’ores et déjà la fourchette basse de ces objectifs.
En effet, Reporterre3 nous apprend que fin 2025, 31 GWc4 sont implantés, dont 11 500 hectares sur des enaf entraînant 6 000 hectares de forêts détruites5. C’est donc un tiers du déploiement total du photovoltaïque, entre 10 et 12 GWc, qui se fait sur des terres agricoles et forestières. Or 28 GWc vont s’y rajouter, et sont actuellement en attente d’être installés6. Ainsi, à minima, nous pouvons dire que 59 GWc, sont désormais construits ou en attente. Une puissance qui dépasse la fourchette basse de l’objectif de 55 GWc de la PPE 3 pour 2035. De plus, si l’on considère l’objectif haut de cette même PPE 3 pour 2035, soit 80 GWc, on en déduit que 21 GWc resteraient à déployer.
49 GWc sont donc en attente ou à atteindre en vue de l’hypothèse haute de la PPE. En prenant donc l’hypothèse de 43 % des constructions qui se font ou se feront « au sol »7, ce sont potentiellement 12 GWc (entre 12 et 36 000 hectares) en attente et déjà autorisés, auxquels s’ajoutent 9 GWc (entre 9 et 27 000 hectares) qui seraient nécessaires afin d’atteindre la fourchette haute de la PPE 3. Ce qui amène à 21 GWc en attente ou revendiqués comme devant aller « au sol » d’ici 2035, soit entre 21 000 et 63 000 hectares8. Auxquels s’ajoutent les 11 500 hectares déjà touchés. En conséquence de quoi, dans l’optique de cette hypothèse de 43 % « au sol », 74 500 hectares, environ sept fois la surface de Paris, pourraient être concernés en 2035.
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