Le système est pervers : on crée le manque et donc le besoin ; en effet, l’Etat se désengage tous les jours un peu plus et les collectivités locales, les communes ont de moins en moins d’argent pour fonctionner. On peut comprendre alors que certains maires soient favorables à l’implantation de panneaux photovoltaïques sur leur territoire ; on peut admettre aussi que des agriculteurs aux abois, victimes des difficultés que connaît la profession aujourd’hui comptent sur cette manne financière ( d’autres, par contre, gros propriétaires terriens, ne rentrent pas dans la catégorie éligible au « complément de revenus » et surfent avidement et sans scrupules sur la vague généreuse du moment).
Cependant, il existe aussi des maires qui refusent l’argent dont ils auraient grandement besoin et choisissent de défendre l’identité patrimoniale de leur commune. Car oui, le paysage est notre patrimoine commun !
Oui, il y a des maires qui entendent et partagent les inquiétudes de leurs concitoyens ulcérés de voir leur environnement saccagé, leur cadre de vie détruit.
Il y a des maires qui sont en colère de voir le paysage naturel qui constitue l’identité de leur territoire et qui est si essentiel à la vie, anéanti et remplacé par des espaces morts, industrialisés, faits de béton, de verre et de métal.
Oui, il y a des élus qui refusent d’adhérer aveuglément à un système hypocrite : « Il faut sauver la planète, valoriser l’écologie, respecter la biodiversité », tel est le discours officiel de l’Etat. Mais dans le même temps, on multiplie les programmes d’implantation d’éoliennes, de panneaux photovoltaïques, bientôt de data centers qui polluent, artificialisent les sols, ruinent la biodiversité et l’architecture paysagère. On vient de se rendre à l’évidence, depuis cet été, qu’il faut planter des arbres en ville, mais en campagne, on veut les arracher pour faire de la place à ces programmes monstrueux. On n’est plus à une contradiction près !! On va même jusqu’à entendre des contre-vérités : « l’ombre d’un panneau de verre est aussi rafraîchissante, si ce n’est plus, que celle d’un arbre ».
A tous ces maires, ces élus qui ne sont pas dupes ni naïfs, je tire mon chapeau !
Merci à eux d’entrer en résistance, car il faut du courage, de la pugnacité pour contrarier les projets des promoteurs, les intérêts des agriculteurs demandeurs ; il faut du temps et de l’énergie pour se débattre dans le dédale administratif.
Nous le savons bien, nous, citoyens regroupés en associations, qui luttons aussi. Il faut du courage et de l’abnégation pour faire entendre un autre discours, pour s’opposer au pouvoir de l’argent qui piétine souvent le bon sens et une certaine éthique.
Ne nous laissons pas séduire par les sirènes du profit, revenons à l’essentiel ! Usons de tous les moyens à notre disposition pour faire entendre une parole responsable qui puisse garantir aux générations futures de pouvoir encore vivre sur une terre propre, belle, fertile …
Billet d’humeur proposé par Christine I. du Petit-Marais de Lurcy-le-Bourg
